Ce soir, encore un de ces autres soirs, du bout des yeux je caressai les étoiles déambulant dans les ténèbres de la nuit. La lune, une beauté dénudée qui a le don de nous séduire. Ma gorge se noya de mots, mon c½ur coula sous les pleurs. Mon corps étendu sur mon lit s'agita, j'eus beau me tourner dans tout les sens, tenté de dégager mes narines bouchées, le souvenir émergea. Les petites sirènes au visage masquées dansèrent sur mes yeux, pour ensuite s'écouler le long de mes joues. Je sentis mon estomac se précipiter au bout de mes lèvres, je me levai arpentant le couloir, la tempête se calma. La paume de mes mains se glaça au contact des murs. Deuxième secousse en mon corps, je poussai la porte de la salle de bain avant que mes mains ne s'affalent sur le carrelage bleuâtre. Adossé au petit murais de la baignoire, mon regard plongea dans le vide, tout se calma. Je me levai, marchai d'un pas rapide en direction du couloir. Sous une douce lumière, je pénétrai dans ma chambre au fond à gauche. Déboulant dans la pièce, la chaleur me bouffa le corps. Je m'étalai sur mon lit, comme si je m'allongeai sur le sable. Dans la pénombre je cherchai mon iPod, je l'attrapai du bout des doigts. Je me redressai pour m'affalai à nouveau entre les coussins, sans perdre une seconde j'enfouis les écouteurs dans mes oreilles. Je parcourrai la liste de lecture, The click Five – Empty, une belle connerie. Le son s'échappa dans mes tympans, mon regard s'envola dans le ciel sombre. Ma vue fut en partie masquée par les quelques branches qui s'affolèrent au bord de ma fenêtre. Un doux feu s'empara de mon torse, se propagea dans chacun de mes membres, je suffoque, combien de fois avait – elle tourné en boucle.
Juste deux minutes et dix secondes, les guitares se réveillent. Ce feu qui s'agite, déambule dans mes bras jusqu'à atteindre le bout de mes doigts, mes jambes s'enflamment du bout de mes pieds, cette flamme qui me saute à la gorge. Je suffoque, putain. Quelques secondes...Aussi féroce que la chaleur qui me sautait à la gorge, ton visage me bouffa. Je me portai jusqu'au rebord de la fenêtre sous les diamants ténébreux, je rejoignis le bord glacé. Chacun se cherche une raison d'exister pour quelque chose voir quelqu'un. Nos corps déambulent sur une plage, le ciel est gris, le vent tourbillonne. Le regard perdu entre les grains de sable, d'autres pas se dessinent. Chacun croise le regard d'un l'autre. On étudie des possibilités, nos corps se frôlent, nos lèvres s'enlacent. Lorsque l'on ne craint plus rien que la chaleur de l'autre dans notre c½ur nous rend invincibles, le vent de son sourire carnassier gronde, chasse ce château que l'on a mis tant de temps et de larmes à bâtir. Nos jambes cèdent, la douleur court notre corps. Nos mains se posent sur les ruines, on se coupe, on saigne, on pleurt. Quand on relève la tête, chasse les larmes qui nous aveuglent, d'autres corps tombent. Le c½ur remplit de larmes est lourd à porter, prêt à exploser. Dans la nuque se réfugie le souffle d'une personne qui nous prend les mains, les plantes profondément dans le sable. Cette personne nous chuchote alors qu'il faut tout recommencer, bâtir plus haut et plus solide pour que jamais plus rien ne se fissure, ne s'écoule sur nos joues déjà lourdement cicatrisées dans le passé. Pour qu'à jamais mes mains ne perdent la douceur des tiennes. Mon regard se plongea à l'horizon, passant les heures et les kilomètres en l'espace de quelques secondes. Les images tourbillonnent.
Je suis perdu, autour de moi il n'y a pas d'arbres, que de longues prairies qui s'étendent à l'horizon. Le vent toujours ce vent si précieux soit il, il recouvre mes blessures de son long voile. Je pose le pied sur l'un des rochers qui se trouve devant moi, pour enchainer ensuite avec l'autre ainsi de suite jusqu'à ce que je ne puisse continuer. Autour de moi ce miroir dans lequel le couché de soleil s'admire, de l'eau. Mes yeux humectés par la lourdeur de tes mots se reposent dans ce reflet si fascinant. Les jambes lourdes, je m'assois sur ce rocher, mes pieds nus entre dans l'eau. La fraicheur de l'eau du soir me traverse le corps, tel des doigts s'agitant sur un clavier de piano, les frissons ne tardent pas à envahir mon corps pour ensuite disparaitre en fin de *concerto*. Bercé par ce ciel si mystérieux, mon regard est plongé dans le vide. Je n'ai plus la force de me battre, j'ai beau crier, hurler, tu ne m'entends pas. Je ne suis qu'un enfant perdu dans les océans au milieu de poissons sourds. Je cherche une perle invisible pour l'enfermer dans mon petit bateau qui déambule sur cette rivière applaudis par le vent. Mes mots se bousculent dans ma gorge, se comprime lorsque mes lèvres se délaissent. Epuisé, mes larmes se précipitent, noient mes pupilles. Mes appels à l'aide restent sourds. Je sens des bombes exploser mon c½ur blessé.
J'ouvris la fenêtre, le vent erra dans mes cheveux. Comme si tu avais pénétré dans une chambre, sur les pauvres murs des photos de tout ce qui pouvait m'atteindre. De tes griffes tu as tout ravagé, tu as fondu sous tes larmes les photographies exposées aux murs. De ton souffle si glacial, de tes mots si froid, tu as glacé tout sur ton passage, en l'espace de quelques temps tout s'est réduit en morceau. Le vent, combien de fois m'aide-t-il à respirer, combien de fois m'emporte-t-il loin de ce tombeau perdu entre les étoiles. Pourtant d'un coup, il partit, lui aussi. C'est juste que...pas aujourd'hui.
_______________________________________________________________________________________


